Carnet de voyage
       

Patagonie et Terre de Feu (Argentine, Chili 2008)

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Livre conseillé

Ces trois semaines m'ont donner l'occasion d'aborder le sud de l'Amérique Latine. Après 3 jours passés en Terre de Feu à Ushuaia et environs, nous avons continué le périple dans le sud de la Patagonie pour 2 semaines de trek. L'une dans le parc national Los Glaciares en Argentine, la seconde dans le parc national Torres del Paine au Chili. Grands espaces, haute montagne, sommets mythiques, glaciers et bout du monde au programme...

 

 

Le 5 novembre

Nous arrivons enfin à Buenos Aires après un long périple via Madrid et Santiago du Chili. Yann et Stéphane qui nous guideront durant ces 3 semaines nous accueillent. C'est la fin de l'après-midi et il fait chaud et humide, nous partons vers l'hôtel. Nous allons diner et dégustons la spécialité argentine, la viande. Ce soir, c'est un énorme et excellent morceau de boeuf. Nous ne trainons pas et passons la nuit à l'hôtel Principado.

 

 

Le 6 novembre

Départ très matinal pour la dernière partie du trajet, nous prenons l'avion pour Ushuaia. Nous survolons les immenses plaines, puis la steppe de Patagonie et faisons escale à El Calafate. Après avoir redécollé, nous commençons à survoler les montagnes enneigées qui marquent l'extrémité sud de la cordillère des Andes. Enfin, nous atterrissons à Ushuaia, le voyage peut commencer !!! Le minibus nous conduit à l'hôtel, puis nous allons déjeuner. Cette fois, nous dégustons le "cordero", l'agneau de Patagonie dans une Parilla. Ushuaia n'est pas la ville la plus australe du monde, ce titre appartient à Puerto Williams, ville garnison de l'armée chilienne, donc inaccessible au commun des mortels. Malgré tout, les sommets enneigés qui bordent la ville, le canal de Beagle et la température nous plongent dans l'ambiance 'bout du monde' que nous sommes venus chercher ici. Néanmoins, il faut noter qu'Ushuaia est victime de son succès et devient très touristique (plus de 40.000 habitants) et la rue principale n'est bordée que de magasins de souvenirs, équipements pour le trekkeur, banques ou boutiques de marques.

 

L'après-midi est consacrée à une balade sur le canal de Beagle. Rappelons que nous sommes ici sur une ile, la Terre de Feu. Le canal de Beagle est un bras de mer qui relie les océans atlantique (à l'est) et pacifique (à l'ouest) au sud de la Terre de Feu. Le temps est couvert, mais peu venteux et nous prenons la mer à bord d'un petit bateau en direction de l'est. La vue sur la ville qui s'éloigne et les montagnes en arrière est magnifique. Dès la sortie du port, nous croisons les premiers oiseaux; albatros, pétrels géants, cormorans, goélands, sternes...

 

Nous arrivons près du phare Les Eclaireurs, du nom du petit archipel d'ilôts situés au milieu du canal de beagle. Sur ces rochers nichent deux espèces de cormorans, nous observons également des ouettes de Magellan, des canards brassemer, des huitriers. Ces ilôts servent aussi de zone de repos pour les lions de mer, ces otaries qui trouvent ici tranquilité et nourriture à profusion.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt sur une des îles de l'archipel des Islas Bridges en face d'Ushuaia. Notre guide local nous parle des Yamanas, la tribu d'origine de la Terre de Feu. Elles nous montre également la flore et nous emmène sur un point de vue qui nous permet d'apprécier le panorama sur la baie d'Ushuaia. Nous reprenons le bateau pour rentrer au port et croisons deux manchots de Magellan, dont la colonie se situe plus loin sur le canal. Je profite de la fin d'après-midi pour faire un tour à pied et observer les oiseaux sur le bord du canal. Nous passons la nuit à l'hostal Malvinas.

 

 

Le 7 novembre

Au programme du jour, nous devons faire l'ascension du Cerro del Medio, un mont situé derrière la ville d'Ushuaia. Il a plu durant la nuit, mais le temps est sec lorsque nous entamons la montée. Nous marchons sur les chemins boueux d'une forêt de hêtres. Ce sont les seuls arbres présents en Terre de Feu, il en existe 3 variétés (le Lenga et le ñire aux feuilles caduques, le Guindo aux feuilles persistantes). Ils sont recouverts de Barba de Viejo, un lichen qui témoigne que l'air est ici d'excellente qualité. Le bas de la forêt a été exploité par les bagnards aux 19e et 20e siècle, mais plus nous montons, plus les arbres sont gros et anciens.

 

La pluie commence à tomber mais nous sommes presque à l'abri sous les arbres. Au fur et à mesure de notre ascension, elle cède la place à la neige et à la sortie de la forêt, nous arrivons dans un magnifique champs de poudreuse. Malheureusement, nous sommes aussi à la limte des nuages et nous arrivons au sommet dans le brouillard. Nous mangeons le pique-nique en espérant une éclaircie pour profiter de la vue, mais l'horizon reste bouché et nous nous refroidissons. Nous nous résolvons donc à redescendre dans la forêt qui est maintenant magnifique, toute couverte de neige. Nous retrouvons nos chemins tout aussi boueux, puis la pluie dans le bas. Notre bus se fait attendre et nous rentrons trempés à l'hôtel. Heureusement que nous pouvons faire sécher nos affaires dans des chambres douillettes !!!

 

Comme le temps est très changeant en Patagonie, la fin de journée est beaucoup plus sèche et ensoleillée. Ce qui me permet de faire le tour du port à la recherche des oiseaux, j'y observe canards, ouettes, sternes, huitriers, ibis... Nous passons la nuit à l'hostal Malvinas.

 

 

Le 8 novembre

C'est déjà notre dernière journée en Terre de Feu. Mais elle s'annonce sous les meilleures augures, le soleil est de retour. Nous prenons le bus pour nous rendre à l'entrée du parc national de la Terre de Feu. Nous partons pour une journée de randonnée en commençant en sous bois au milieu des hêtres. La forêt n'est pas entretenue, les arbres morts et branches cassées jonchent le sol. De plus, le climat très froid ralentit considérablement leur putréfaction. Certains arbres portent le 'Pan de Indio', un champignon parasite comestible (pas vraiment de goût...). Nous montons jusqu'à un belvédère qui nous offre un panorama sur le canal de Beagle et la cordillère de Darwin.

 

Nous descendons ensuite dans une zone colonisée par les castors. Ces rongeurs ont été introduits pour leur fourrure. Les trappeurs ont quitté les lieux depuis longtemps et désormais les castors pullulent, n'ayant pas de prédateur. Malgré tout, nous n'en verrons pas. Par contre, nous observons les digues qu'ils ont bâties et les arbres coupés en biseau. De jolies ouettes à tête grise fréquentent les lieux.

 

Nous rejoignons la baie de Ensanada au bord du canal de Beagle puis marchons sur le sentier qui le borde. Nous sommes au printemps et de nombreuses plantes sont en fleurs, notamment le Notro, un buisson aux fleurs rouges écarlates. Nous pique-niquons sur la pelouse au bord de l'eau sous les doux rayons du soleil.

 

Après la sieste, nous reprenons le chemin boueux qui ne cesse de monter et descendre pour rejoindre la baie de Lapataia. Quelques gouttes tombent, le vent se lève mais ça ne dure pas. Nous terminons cette jolie balade au bord du lago Roca où nous retrouvons notre minibus qui nous ramène à Ushuaia. Le soleil brille toujours et je retourne sur le port goûter une dernière fois ce parfum de bout du monde. Nous passons la nuit à l'hostal Malvinas.

 

 

Le 9 novembre

Il pleut et nous regrettons un peu moins notre départ de la Terre de Feu. J'ai la chance d'avoir une siège près du hublot, ce qui me permet de voir le paysage au long du trajet vers El Calafate; la baie d'Ushuaia, puis les sommets enneigés de la Terre de Feu. Nous survolons ensuite le détroit de Magellan, bras de mer situé entre le continent et la Terre de Feu. Puis le paysage devient plus désertique, c'est la steppe de Patagonie. Nous survolons le Lago Argentino et atterrissons à El Calafate. Créé en 1937, ce fut une ville étape pour le commerce de la laine. Maintenant c’est une ville pour touristes. La plupart des gens y dorment deux nuits et vont voir le Perito Moreno. C’est aussi le nom d’un arbuste qui fleurit jaune. La pluie tombe, puis une véritable tempête de neige se lève pendant 30 mn avant que le soleil ne brille de nouveau. Pas de doute, nous sommes bien en Patagonie.

 

L'après-midi est libre et notre guide Yann nous a indiqué qu'il existe une réserve ornithologique près du lac. Nous nous y rendons mais elle semble fermée, mais nous pouvons néanmoins y accéder en franchissant le grillage. Les oiseaux sont très nombreux; canards, foulques, ouettes, vanneaux, ibis, flamants du Chili... Nous poursuivons jusqu'au bord du Lago Argentino, le plus grand lac d'Argentine (1415 km2) dans lequel flottent des icebergs, morceaux de glace tombés du glacier Perito Moreno. Au retour, j'ai la suprise de trouver 3 magnifiques ibis sur la pelouse juste devant l'hôtel La Loma où nous passons la nuit.

 

 

Le 10 novembre

Nous quittons El Calafate pour rejoindre El Chalten. Pour cela, nous devons contourner les lagos Argentinos et Viedma. Nous roulons sur la célèbre route 40 au milieu de la steppe. Nous faisons une première pause pour admirer la vue sur le lago Argentino et la cordillère des Andes. Quelques animaux vivent dans cette steppe, les guanacos (cousins des lamas), les nandous (cousins des autruches) et quelques condors qui volent à basse altitude à la recherche de charognes. Nous nous arrêtons également près du lac Viedma dans lequel coule le glacier du même nom.

 

Nous arrivons à El Chalten où nous allons passer 3 nuits dans un camping. Ce village est le point de départ des Andinistes qui vont tenter les ascensions des mythiques sommets des massifs du Fitz Roy et du Cerro Torre. Ce sont d'immenses aiguilles granitiques dont la paroi mesure, pour certains, plus de 1000 m de haut. Le Fitz Roy (ou El Chalten en langue Mapuche) est les plus élevé et culmine à 3441 m. Le village est en pleine essor et perd petit à petit son image de village de montagnards. Nous sommes ici à une frontière climatique. Les nuages, poussés par un vent d'ouest continu sont le plus souvent arrêtés par les montagnes, déversant leur pluie sur la partie ouest de la Cordillère. La steppe située à l'est ne reçoit donc que très peu de précipitations. C'est pour cela que le sommet du Fitz Roy et encore plus celui du Cerro Torre (situé plus à l'ouest) sont très souvent dans les nuages, ce qui rend leur ascension très compliquée (en plus de la difficulté technique).

 

Après déjeuner, nos guides locaux nous emmènent pour une petite balade vers un belvédère du Fitz Roy. Celui-ci, fidèle à sa réputation, reste caché derrière les nuages. Nous parvenons tout de même à l'apercevoir de temps en temps. Mais, les gros nuages s'amoncèlent et nous pouvons réellement nous rendre compte de la barrière naturelle que constitue ce massif. De magnifiques nuages lenticulaires se forment, présages de pluie et de tempête selon notre guide. En attendant, nous profitons des buissons ardents, les matafuegos couverts de fleurs rouges et des orchidées jaunes qui fleurissent dans les prairies. Nous redescendons vers le camping où nos guides ont monté les tentes. La tempête se lève, il faut dire qu'El Chalten est situé dans un couloir de vent. Nous nous couchons en espérant que nos tentes ne s'envoleront pas.

 

 

Le 11 novembre

La tente a tenu, il fait moins de vent et la pluie de la nuit a cessé. Malgré tout, le plafond est bas et les sommets sont dans les nuages. Nous partons pour le Pliegue Tumbado, un belvédère sur le massif du Fitz Roy. Nous traversons la forêt de hêtres, quelques tourbières et la pluie commence à tomber, puis la neige. Nous décidons de rebrousser chemin puisque nous ne verrons rien au belvédère. Nous rentrons trempés au camping pour y manger le pique-nique et passons l'après-midi dans les bars d'El Chalten pour nous sécher et déguster la bière locale. La pluie se calme mais le vent souffle toujours beaucoup. Nous passons la nuit au même camping d'El Chalten.

 

 

Le 12 novembre

A la sortie de la tente, un arc-en-ciel nous accueille. Les sommets sont encore dans les nuages mais le temps est assez agréable. Nous partons pour une randonnée vers la laguna Torre. Le vent est assez fort et nous recevons des gouttes de pluie alors que le ciel est bleu au dessus de nos têtes, ce qui entretient l'arc-en-ciel. Nous franchissons plusieurs moraines amassées par le glacier Torre, puis marchons dans la forêt de Lengas dont une partie a récemment brulé. Seul le Cerro Solo est visible, le Cerro Torre reste dans les nuages.

 

Nous remontons le cours du rio Fitz Roy, mal nommé car il est alimenté par le glacier Torre. En fin de matinée, nous parvenons au bord de la laguna Torre, lac glaciaire alimenté par le glacier du même nom. Quelques icebergs flottent sur l'eau. Le temps reste définitivement bouché et nous ne verrons pas le Cerro Torre. Le vent froid souffle en provenance du glacier et nous allons nous mettre à l'abri au camp de Agostini pour le Pique-nique.

 

Nous rentrons par le même chemin en faisant une pette variante pour aller voir la cascade Margarita, du nom d’une touriste égarée et jamais retrouvée il y a une quinzaine d’années. La pluie et la tempête font leur apparition, et nous sommes heureux d'entrer dans la brasserie de la veille pour nous réchauffer et nous sécher. Nous passons notre dernière nuit au camping d'El Chalten.

 

 

Le 13 novembre

Une longue journée nous attend dans le parc national Los Glaciares. Heureusement, le soleil est de retour et nous démontons le camp au sec. Nous partons pour un transfert à pied vers Piedra del Fraile. Nous commençons par suivre le rio de las Vueltas au bord duquel se trouve la maison de Madsen, le fondateur Danois d'El Chalten. Nous marchons entre forêt et tourbières sous un beau soleil, même si le massif du Fitz Roy est toujours bouché par les nuages. Nous nous arrêtons au camp Poincenot pour le pique-Nique.

 

L'après-midi, les plus courageux d'entre-nous choisissent la variante qui consiste en l'ascension vers la Laguna de Los Tres. Une montée qui doit nous permettre d'approcher le massif du Fitz Roy. Le paysage derrière nous est bien dégagé et nous avons un panorama sur les lacs Madre et Hija, jusqu'au lac Viedma. Arrivés au sommet, un vent glacial nous accueille et nous apercevons quelques aiguilles du massif du Fitz Roy. Plusieurs d'entre-elles ont reçu le nom de pionniers français de l'aéropostale (Saint-Exupéry, Mermoz, Guillaumet) ou d'alpinistes (Poincenot).

 

Nous descendons et retrouvons des températures plus douces en suivant le rio Blanco. Nous arrivons au pied du magnifique glacier Piedras Blancas avec en fond le Fitz Roy qui se dégage petit à petit. La vue est grandiose...

 

Mais la randonnée n'est pas terminée, nous poursuivons pour bifurquer dans la forêt et remonter la vallée du rio Electrico. Nous arrivons enfin au camp Piedra del Fraile, le reste du groupe a monté nos tentes. Les derniers rayons du soleil illuminent le Fitz Roy et l'aiguille Guillaumet complètement dégagés. Nous dinons sous la tente mess et ne tardons pas à rejoindre nos duvets pour un repos bien mérité.

 

 

Le 14 novembre

Le temps est au beau fixe et nous avons deux balades d'une demi-journée au programme. Après le petit déjeuner, nous montons vers les site de Piedras Negras. Il s'agit de la route empruntée par les andinistes qui veulent tenter le Fitz Roy en passant pas le Paso Cuadrado. Nous n'irons pas si loin mais avons une vue sur le site de notre camping, situé à l'abri d'un gros rocher dans la vallée du rio Electrico. Nous pouvons également apercevoir le Paso Marconi qui permet d'accéder au Hielo Continental Sur. Il s'agit de la calotte glaciaire de Patagonie qui s'étend sur 400 km de long, constituant la 4ème masse glaciaire du monde (après les pôles et le Groenland). Le Fitz Roy joue à cache-cache avec les nuages. Après une pause au sommet de la première montée très raide, nous poursuivons à travers pierriers et champs de neige. Nous arrivons dans un paysage de haute montagne alors que nous ne somme qu'à 1000 m d'altitude !!!

La descente s'effectue rapidement. Je cours, ça permet d'éviter de trop solliciter les cuisses. Stéphane, resté au camp, nous a préparé un bon déjeuner. Le soleil est presque chaud, c'est la 'Patagonie Tropicale' comme le suggère Yann.

 

Notre deuxième rando de la journée nous emmène au pied du glacier et du lac Pollone. Nous remontons la vallée du rio Electrico jusqu'au lac du même nom, alimenté par le glacier Marconi. La couleur du jour est le rouge, comme les délicates clochettes de la flor de cascada et les pierres ferrugineuses qui ont donné son nom au Cerro electrico qui domine la vallée. Nous parvenons au bord du lago Pollone alimenté par son glacier. Au fond, le Fitz Roy joue toujours les capricieux et le vent ne cesse de modeler les nuages au sommet. Nous rentrons au camp Piedra del Fraile où nous passons notre seconde nuit.

 

 

Le 15 novembre

Le ciel est d'un bleu lipide et je cours dans la vallée pour profiter de la vue exceptionnellement dégagée sur le Fitz Roy et les aiguilles Mermoz et Guillaumet. Au retour, démontage du camp et marche de 2 heures pour rejoindre la piste. Le bus nous y attend pour nous conduire à El Chalten où nous déjeunons.

 

Nous reprenons la route et contournons les lacs Viedma et Argentino pour rejoindre El Calafate. En route, je suis le seul à ne pas dormir, ce qui me permet de voir dans la steppe, condors, nandous et un tatou. Les guanaco ne sont pas là aujourd'hui. Nous arrivons dans l'après-midi et je retourne à la Laguna Nimez, la réserve ornithologique. Le temps est lumineux, ce qui me permet de photographier canards, flamants, foulques et busards. Nous passons la nuit à l'hôtel La Loma.

 

 

Le 16 novembre

Aujourd'hui, une formidable journée nous attend. Le soleil brille et nous partons au glacier Perito Moreno. Il faut environ 1h30 pour d'y rendre en bus. Nous faisons deux pauses en route pour admirer la lago Argentino derrière les buissons de Calafate en fleur. Enfin, nous commençons à apercevoir le géant. Ce glacier est des rares au monde à avancer, les autres sont en régression. Face à la péninsule de Magellan, le mur de glace du glacier avance en divisant le lac en deux en donnant origine à des digues naturelles. Alors les eaux du Bras Rico du lac Argentino montent et commencent à pousser et éroder le glacier qui devient plus faible et tombe sous la pression. Cet effondrement spectaculaire du front du glacier s'effectue périodiquement, le dernier date de juillet 2008.

 

Le site est très touristique car facilement accessible en bus. La foule est présente mais l'étendue du site permet de la disperser. Nous commençons par un tour en bateau pour voir le front nord du glacier. Ce front mesure 2 km de long sur en moyenne 50 m de haut. Cette masse de glace est réellement impressionnante avec ses reflets de bleu sous le soleil toujours présent.

 

Nous avons ensuite un long temps libre pour pique-niquer et profiter de ce spectacle exceptionnel sur les nombreuses passerelles aménagées face au glacier. Le ciel est de plus en plus limpide et avons vraiment beaucoup de chance. Nous essayons de capturer les chutes de sérac qui se produisent régulièrement en provoquant parfois un bruit impressionnant. Le dessus de glacier est un chaos de blocs et d'aiguilles de glace, lui aussi très spectaculaire.

 

Nous quittons à regret cet endroit magique pour rentrer à El Calafate. Pour me remettre de mes émotions, je retourne une nouvelle fois à la Laguna Nimez faire de nouvelles photos de mes amis à plumes. Nous passons la nuit à l'hôtel La Loma.

 

 

Le 17 novembre

Aujourd'hui, direction le Chili. Une longue route nous attend, d'autant plus qu'un mouvement de grève des fonctionnaires chiliens (dont les douaniers) est annoncé. Nous allons donc passer par un plus petit poste frontière que celui prévu pour éviter une trop longue attente. La première partie du trajet est une route déserte qui commence à monter sur le plateau aride de la steppe de Patagonie argentine. Le temps est toujours au beau fixe et nous pouvons voir jusqu'aux chaines du Fitz Roy et du Cerro Torre entièrement dégagées. Il doit y avoir de nombreux andinistes qui tentent l'ascension en ce jour. La route laisse place à une piste bien entretenue. Dans la steppe paissent de nombreux moutons, quelques nandous les accompagnent parfois. Nous faisons une pause près d'un petit lac qui accueille flamants, ouettes et cygnes. Le passage des frontières est assez long, mais nous pouvons enfin nous mettre à table en début d'après-midi à Don Guillermo pour notre premier repas au Chili, un énorme hamburger.

 

Nous reprenons la route en direction de Puerto Natales. Nous sommes sur le versant ouest de la cordillère et le paysage est beaucoup plus vert. Les bovins remplacent les moutons dans les prés jaunes de pissenlits en fleur. Dans l'après-midi, nous atteignons le port de Puerto Natales sous un doux soleil. La météo est exceptionnelle dans ce village où il pleut quasiment tous les jours. Nous sommes dans un port de pêche situé dans le fjord Ultima Esperanza, la ville est quelconque, mais le bord de mer magnifique sous le soleil.

 

Je fais une longue promenade le long du fjord où j'observe les élégants cygnes à cou noir, ainsi que les ouettes, cormorans et canards qui y nichent. Nous passons la nuit à la pension Blanquita, du nom de son exhubérante patronne.

 

 

Le 18 novembre

Nous quittons ce port du bout du monde en direction du parc national Torres del Paine. Ce parc est très différent du parc Los Glaciares en Argentine. La végétation est plus riche et il comporte de nombreux lacs qui sont de 2 types. Les premiers sont d'origine glaciaire, de couleur bleu turquoise car chargés de sédiments. Les autres sont bleu plus foncés, ils sont alimentés par l'eau de pluie. Nous faisons une première pause au bord du lac Sarmiento pour admirer le point de vue sur le massif du Paine. Les sommets sont dans les nuages, mais on peut distinguer los Cuernos (sommets bicolores), le Monte Almirante Nieto et 2 des 3 tours du Paine. Nous nous arrêtons ensuite à l'entrée du parc pour le pique-nique.

 

Nous partons ensuite pour une balade à pied dans les riches prairies. Contrairement au parc Los Glaciares, la faune est beaucoup plus riche. Les guanacos, ces cousins du lama plus résistants aux difficiles conditions de la Patagonie, sont omniprésents. Nous pouvons aussi voir un renard qui s'approche de nous et traverse le sentier sans même nous regarder. Plusieurs variétés d'orchidées sont en fleur dont les magnifiques zapatillos de la virgen (chaussons de la vierge).

 

Malgré le ciel couvert, le paysage est magnifique. Les sommets se reflètent dans les nombreuses mares. Les tours du Paine sont toujours dans les nuages. Yann nous emmène voir quelques peintures rupestres qui subsistent dans une grotte.

 

Nous redescendons pour récupérer le minibus au bord du rio Paine. Nous roulons vers le lago Pehoe, faisons une pause près du lac Nordenskjold pour y voir le panorama sur los Cuernos et le Paine Grande. On distingue le glacier et la vallée du Français où nous irons randonner demain. Nous devons ensuite prendre le bateau pour rejoindre notre campement. Pour patienter avant d'embarquer, nous montons voir la jolie cascade Salto Grande qui relie les lacs Nordenskjold et Pehoe.

 

Nous naviguons ensuite sur le lac Pehoe pour rejoindre le campement Paine Grande. Il fait froid mais la vue est superbe sur le pont supérieur. Après 30 mn de traversée, nous débarquons les bagages et le matériel, puis installons le camp magnifiquement situé au pied du Paine Grande. Nous passons notre première nuit au bord du lac Pehoe.

 

 

Le 19 novembre

Le soleil est au rendez-vous et le jaune de nos tentes se mèle au vert de la végétation, au rouge des notros en fleur et au bleu du ciel. Yann décide de nous emmener sur la plus belle rando du coin, la vallée du Français. Aprsè avoir longé le lac Pehoe d'un bleu outremer, nous montons pour atteindre le lac Skottsberg d'un bleu profond.

 

Nous poursuivons dans la forêt et traversons un torrent pour atteindre le camp italien qui marque l'entrée de la vallée du Français. Le chemin s'élève et nous faisons une pause à un belvédére sur le Paine Grande et le glacier du Français d'un côté, les lacs Nordenskjold, Pehoe et Toro de l'autre. Des séracs se détachent régulièrement du glacier, l'un d'entre eux provoquant même une avalanche.

 

Après la pause pique-nique, une dernière montée jusqu'au camp britannique et au belvédère qui le surplombe et nous jouissons d'un panorama à 360 degré sur le massif du Paine et ses différents sommets : Paine Grande, Cerro Castillo, Cerro Catedral, los Gemelos, Cerro trono Blanco, Aleta de Tiburon (aileron de requin) au premier plan, Cerro Fortaleza, Espada, Hoja, Mascara et Los Cuernos.

 

Nous rentrons par le même chemin, heureux d'avoir vécu cette magnifique journée ensoleillée. Arrivé au bord du lac Pehoe, je trouve deux jolis canards brassemer peu farouches. Un guanaco vient manger les buissons juste derrière notre tente mess. Le soir au soleil couchant, les sommets de los Cuernos semblent fumer. Deuxième nuit au camp Paine Grande.

 

 

Le 20 novembre

Deuxième randonnée du tracé du W aujourd'hui, nous partons pour le lago et le glacier Grey. Le temps est venteux et couvert. Nous marchons dans les bois sur un chemin qui n'offre que peu de points de vue. Nous avons cependant un panorama sur le lago los Patos (lac des canards), puis sur le lago Grey, un long lac glaciaire ou flottent quelques icebergs issus du glacier que nous apercevons au fond. Il comporte deux fronts séparés par un gros rocher.

 

Après le pique-nique, nous allons jusqu'au belvédère qui est un rocher s'avançant dans le lac jusqu'au front de droite. Le vent souffle violemment, les gouttes commencent à tomber et nous ne restons pas très longtemps. Nous rentrons par le même chemin, le vent sèche rapidement les quelques averses que nous essuyons. La flore est toujours aussi colorée, les pissenlits très nombreux, nous observons notamment orchidées et la galega qui ressemble beaucoup à nos pois de senteurs. Nous passons notre troisième et dernière nuit au camp Paine Grande avec un vent soutenu.

 

 

Le 21 novembre

Nous démontons le camp, puis, en attendant l'heure du bateau, faisons une dernière balade le long du lac Pehoe, le temps est couvert. Après la traversée du lac, nous pique-niquons, puis partons pour une petite rando vers un point de vue sur le massif du Paine. Nous pouvons nous remémorer les randonnées des 2 jours précédents et les différents sommets. Nous passons également à côté de la cascade Salto Grande.

 

Nous reprenons le bus pour traverser le parc vers notre second campement. La faune est toujours très présente, les guanacos traversent la piste devant le bus, les plans d'eau sont colonisés par les ouettes, cygnes, canards, foulques, vanneaux et grèbes. Nous pouvons aussi voir un nandou accompagné de ses poussins. Après 1 heure de route, nous parvenons au camp Laguna Azul situé au bord du lac. Ce campement excentré est désert, nous sommes seuls contrairement au précédent. Il devrait normalement nous offrir une vue sur les tours du Paine, mais les nuages bas nous la bouchent. L'environnement est très joli entre lac, forêt, pelouse verte et buissons en fleur. Nous passons notre avant-dernière nuit sous la tente.

 

 

Le 22 novembre

Le temps est encore bouché ce matin, mais nous sommes venus ici pour marcher. Nous prenons donc notre bus, puis un bus local (car le notre trop lourd ne passe pas sur un pont très étroit) pour aller au camp Los Torres. Le programme prévoit une rando jusqu'à un belvédère sur les tours du Paine. Mais, il pleut et nous patientons au bar de la luxueuse Hosteria La Torres construite dans le camp. Finalement, la pluie se calme et nous décidons de commencer à marcher. Les chemins sont très boueux et nous montons jusqu'au campamiento Chileno. Nous nous arrêtons pour manger le pique-nique dans le refuge. La pluie reprend et se transforme en neige. Le temps restera pourri toute la journée, donc nous redescendons. Nous ne verrons pas les 3 célèbres tours du Paine...

 

Nous rentrons au camp où le temps est plus clément. J'en profite pour me balader aux alentours, notament près d'un étang qui accueille de nombreux oiseaux (ouettes, vanneaux, huitriers, canards, foulques). Plusieurs condors passent dans le ciel. La neige a blanchi la forêt jusque très bas. Nous avons un beau coucher de soleil sur le lac.

 

 

Le 23 novembre

C'est le début de la fin, le long retour vers la France qui va nous prendre 4 jours. Nous démontons le camp et prenons le minibus direction El Calafate. Après une dernière pause pour admirer le massif du Paine, toujours dans les nuages, nous filons dans la steppe. Le passage des douanes est beaucoup plus rapide qu'à l'aller. Nous parvenons à El Calafate dans l'après-midi, le temps d'aller déguster une gaufre à la dulce de lecce, la confiture de lait dont raffolent les argentins, il en mettent dans tous les desserts... Nous passons la nuit à l'hôtel La Loma.

 

 

Le 24 novembre

Deuxième journée de transfert qui va nous amener à Buenos Aires. Le vol passe par Ushuaia, ce qui me permet de prendre quelques photos du canal de Beagle sous le soleil. Puis, direction la capitale, je suis toujours au hublot. En quelques heures, nous passons de la Terre de Feu, au détroit de Magellan, survolons la péninsule de Valdès puis les plaines arides et arrivons à Buenos Aires dans l'après-midi.

 

<Brutal changement de monde, nous allons faire une balade dans Buenos Aires. Difficile de se retrouver dans la Florida, rue piétonne pleine de monde bordée de magasins, dans une chaleur moite. Nous passons par la place de Mai où se trouve le Palais Gouvernemental. Nous rentrons en longeant les quais en pleine réhabilitation, Puerto Madero. En bord d'océan a été créée une réserve naturelle, Costanera Sur, bonne idée de balade naturelle pour demain... Le soir, nous partons diner dans le quartier San Telmo, dans un excellent restaurant où nous profitons des énormes pavés de boeuf argentin. Nous passons la nuit à l'hôtel Principado.

 

 

Le 25 novembre

Notre vol étant prévu en début d'après-midi, nous avons quelques heures de libre ce matin. J'en profite pour me plonger une dernière fois dans la nature sud-américaine en allant me balader dans la réserve Costanera Sur, située près de l'hôtel, en bord d'océan. Sous ce climat tropical, les oiseaux sont bien différents de ceux observés plus au sud; colibris, perroquets, aigrettes et passereaux multicolores sont au programme. J'observe également quelques petits cobayes sauvages et un gros lézard.

 

Pour le retour, nous faisons aussi escale à Santiago du Chili, le vol est assez agité, mais magnifique au dessus de la Cordillère des Andes. Puis le long vol transatlantique vers Madrid et retour à Paris dans le froid de l'hiver qui commence.