Carnet de voyage
       

Couleurs d'Altiplano (Argentine, Chili, Bolivie 2011)

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Livre conseillé

Un voyage à cheval sur 3 pays : Argentine, Chili et Bolivie presqu'entièrement consacré à la visite de l'Altiplano, ces hauts plateaux de la Cordillère des Andes. Au programme, des déserts parmi les plus secs du Monde, des lacs aux couleurs improbables, des phénomènes volcaniques, des montagnes multicolores, la rencontre des Indiens, quelques villes coloniales et les magnifiques couleurs de ces lieux souvent très inhospitaliers.

 

 

Le 5 juin

Nous arrivons à Buenos Aires, capitale de l'Argentine, à l'aube. Nous avons une longue escale avant de prendre notre vol vers le nord-ouest du pays, ce qui nous offre le temps de visiter la ville. Nous débutons par un cimetière ! Le cimétière de la Recoleta est un peu le Père Lachaise de Buenos Aires. On y trouve les sépultures de nombreuses célébrités du pays. La plus visitée étant celle d'Eva Peron, la très influente et très populaire femme du président Juan Peron dans les années 40. Celle qui était surnommée Evita a été emportée par un cancer à l'âge de 33 ans. Nous visitons aussi la jolie église Nuestra Senora del Pilar qui jouxte le cimetière.

 

Nous poursuivons la visite par le centre ville et ses très larges avenues. Nous faisons un arrêt sur la place de Mai où se situe la Casa Rosada, siège de la Présidence de la République, la Banque Nationale et la Cathédrale métropolitaine. Cette dernière, de style néoclassique, ressemble à l'église de la Madeleine à Paris. Construite au 18ème siècle, son intérieur est de style colonial espagnol. Il a cinq vaisseaux, et la croisée est couverte d'une coupole. Depuis le vaisseau latéral de droite on accède au mausolée où reposent les restes du libérateur José de San Martín. Le monument, qui fut construit en 1880, est l'œuvre du sculpteur français Carrier Belleuse. Un hommage particulier est rendu au grand héros national, en ce sens que le tombeau est veillé par des grenadiers en armes de l'armée argentine.

 

Nous continuons en direction du quartier de la Boca. Ce quartier pauvre se situe à l'embouchure (la bouche, d'où son nom) d'une rivière. Il abrite de nombreux habitants originaires d'Italie. Aujourd'hui, le quartier de La Boca est très prisé par les touristes qui viennent admirer en masse les façades colorées des maisons, et apprécier le rythme de vie animé par le Tango, tout en déambulant dans la rue Caminito. La Boca est également mondialement connue pour son club de football, le Club Atletico Boca Juniors, où a débuté Diego Maradona, ainsi que son terrible stade, La Bombonera.

 

Nous prenons enfin la direction des rives du Rio de la Plata qui forme un immense estuaire, laissant penser que nous sommes au bord de l'Océan Atantique. Nous faisons un arrêt pour admirer une immense sculpture métallique représentant une fleur, puis passons à Puerto Madero, un quartier tout neuf situé à l'emplacement des anciens docks. Nous rejoignons enfin l'aéroport domestique, l'Aeroparque Jorge Newbery où nous prenons notre vol en direction de Salta. Nous y arrivons de nuit et allons directement diner et nous coucher à l'hôtel El Castillo.

 

 

Le 6 juin

Nous quittons Salta, la capitale de la province du même nom que nous visiterons en fin de circuit. Nous prenons la direction du sud pour atteindre la Quebrada de las Conchas. Cette Vallée des Coquillages, c'est la traduction, serpente sur environ 100 km. Nous sommes entourés de formations rocheuses magnifiques et colorées, une rivière coule au fond de la vallée.

 

Nous nous arrêtons pour une petite balade dans la Garganta del Diablo (la Gorge du Diable), un étroit canyon bordé de falaises vertigineuses. Plus loin, C'est dans l'anfiteatro que nous nous promenons. Ici encore une gorge étroite qui se termine en amphithéâtre dans lequel un concert est organisé tous les ans, grâce à son acoustique parfaite.

 

 

Un nouvel arrêt à Tres Cruces (les trois croix) nous offre un magnifique panorama sur la vallée et le rio Las Conchas. Plus loin, ce sont des dizaines de perroquets qui attirent notre attention, ce sont des conures de Patagonie qui viennent ici passer l'hiver austral avant de rejoindre le sud du continent au printemps.

 

Nous atteignons la ville de Cafayate pour le déjeuner. Nuos sommes ici dans une région viticole, nous irons visiter une exploitatton après le repas. Mais auparavant, en guise de dessert, il nous faut goûter la spécialité locale, la glace au vin. Il en existe au vin rouge (cépage Malbec) et au vin blanc (cépage Torrontes). Je choisis cette dernière qui se révèle très bonne. Nous sommes ici à 1700 m d'altitude dans les vallées dites Calchaquiès, propices à la culture de la vigne grâce aux faibles précipitations.

 

Nous reprenons la route à travers les vignobles et remontons vers le nord-ouest en longeant le rio Calchaqui. Nous ne tardons pas à atteindre la Quebrada de las Flechas (la vallée des flêches). Le paysage, sculpté par les soulevements des Andes toutes proches et l'érosion, est spectaculaire. La piste serpente au milieu d'une forêt de "flêches" dressées vers le ciel. Nous arrivons en fin de journée dans le village d'Angastaco et passons la nuit à l'Hosteria Angastaco.

 

 

Le 7 juin

Nous poursuivons notre route plein nord sur la ruta 40, la plus longue d'Argentine (5224 km), qui traverse le pays du nord au sud, de la frontière Bolivienne jusqu'en Patagonie. Il s'agit ici d'une piste qui suit le Rio Calchaqui. Nous faisons un arrêt dans le village de Molinos où nous visitons la petite église au toit en bois de cactus. En face, se trouve une ancienne maison coloniale de style Espagnol, maintenant transformée en auberge.

 

Nous reprenons la piste et les premiers cactus typiques de cette région apparaissent. Ces plantes grasses à la croissance très lente peuvent vivre plusieurs centaines d'années et atteindre plusieurs mètres de hauteur. En arrière plan se découpent les premières cimes enneigées de la Cordillère des Andes.

 

Nous faisons la pause suivante à Cachi, petite ville située à 2280 m d'altitude dans un cadre montagneux dominé par le Nevado de Cachi qui culmine à 6 320 m. La place centrale est entourée de bâtiments de style colonial, nous visitons l'église qui date du 19ème siècle.

 

 

Nous continuons vers le nord au milieu des cactus géant. Dans les villages, des piments sèchent au soleil. Le paysage est splendide, vallées verdoyantes, canyons, avec les Andes en toile de fond. Nous déjeunons dans le village de La Poma, reconstruit après le terrible tremblement de terre de 1930 qui l'a entièrement détruit.

 

Nous profitons des rayons du soleil sur la place princiaple avant de poursuivre notre chemin. La piste s'élève maintenant car nous allons franchir le point culminant du circuit, l'Abra del Acay, le col routier le plus élevé du pays à plus de 4900 m d'altitude. La température s'est nettemment refroidie, le torrent qui coulait dans la vallée est maintenant gelé.

 

Nous sommes dans une zone protégée et puvons voir quelques animaux acclimatés à l'altitude. Ce sont tout d'abord des lamas, puis leurs cousins sauvages, les vigognes (plus fines au pelage fauve) et quelques guanacos (ressemblant au lama, mais à la tête noire). Un autre petit mammifère fréquente les pierriers, le viscache, curieux rongeur ressemblant à un lapin à la queue d'écureuil.

 

Nous avons de la chance car le vent ne souffle quasiment pas au sommet et nous pouvons admirer le panorama. Nous sommes toujours sur la ruta 40 et entamons la descente sinueuse qui nous mène à notre étape du soir, San Antonio de los Cobres. Cette ville de plus de 5000 habitants vit essentiellement de l'activité minière (cobre signifie cuivre en espagnol). Nous passons la nuit en chambre d'hôte à l'Hospedaje Sumaq Samay.

 

 

Le 8 juin

Nous allons passer la journée en haute altitude, nous sommes déjà à 3770 m à San Antonio de los Cobres, le petit matin est très froid. Nous partons pour une première visite au viaduc de la Povorilla. Celui-ci se situe sur une ancienne voie ferrée qui relait le nord-ouest de l'Argentine au Chili. Cette voie a été reconvertie en promenade touristique appelé Tren de las Nubes (le train des nuages) qui part de Salta jusqu'au Paso Socompa à la frontière Chilienne. Le viaduc de la Polvorilla est le plus grand des 29 ponts que comporte la ligne avec 224 m de long pour 70 de hauteur. Nous montons au sommet, difficilement car nous sommes à près de 4200 m d'altitude, mais la vue à l'arrivée vaut l'effort.

 

Nous reprenons la piste ainsi que l'ascension qui nous mène à l'Alto Chorillo, un col à 4560 m d'altitude. Nous avons une vue panoramique superbe sur la Puna, c'est ainsi que l'on nomme le paysage de l'Altiplano Argentin. C'est un quasi-désert minéral, seules poussent quelques touffes de végétation que viennent brouter les vigognes et les lamas.

 

Nous descendons dans un paysage que devient de plus en plus désertique à l'approche du Salar de Pocitos. C'est dans le village du même nom que nous déjeunons. Ici l'activité principale est l'exploitation du lithium extrait des salars voisins. Quelques mines sont aussi exploitées dans la région.

 

Nous traversons le salar, puis arrivons dans une zone magnifique composée de collines au formes arrondies, telles des immenses tas de sable rouge composés d'argile, grès et parsemés de morceaux de gypse. Le contraste avec le ciel très pur est extraordinaire. La piste slalome entre les collines et certaines d'entre-elles ont la forme d'une tête d'indien, d'un singe ou d'un éléphant, on se croirait sur la planète Mars !! La partie denommée Siete Curvas permet d'avoir une vue globale et en hauteur du site.

 

Nous poursuivons la piste pour atteindre notre étape du soir, Tolar Grande. Situé au bord d'un salar, ce village semble être au milieu de nulle part, au bout du monde. Nous sommes dans un ancien village de mineurs, mais désormais la plupart des mines sont abandonnées et de nombreuses maisons sont à l'état de ruines. Nous nous installons dans le dortoir du refuge municipal pour passer la nuit.

 

 

Le 9 juin

Nous quittons ce village du bout du monde pour aller sur le salar voisin. Celui-ci est parsemé de nombreuses collines de quelques dizaines de mètres de haut. C'est l'une d'entre-elles que nous cherchons. Après quelques tours et détours, nous la trouvons enfin. C'est à l'intérieur que se trouve le tunnel del Hombre Muerto, autrement dit le tunnel de l'homme mort, tout un programme. Il s'agit en réalité d'une galerie creusée par les eaux de ruisselement. Elle mesure quelques dizaines de mètres de longueur et le plafond est parfois très bas, il faut ramper à un endroit. Mais l'intérieur est très intéressant, le gypse rend le plafond brillant, les concrétions de sel forment des stalactites, voire des colonnes qui rejoignent le sol.

 

 

Nous sortons tous en vie du tunnel et reprenons les véhicules. Nous repassons par Tolar Grande et repartons sur la piste de la veille. Un renard de Magellan est aperçu, il nous observe lui aussi, tranquillement assis au milieu de la maigre végétation.

 

Nous nous arrêtons rapidement pour notre seconde visite de la journée, le site d'Ojos del Mar. Ce que nous traduisons par 'les yeux de la mer' sont des bassins remplis d'eau situés au bord du salar. Les reflets du ciel bleu et des montagnes environnantes sont superbes. Des dépôts de sel blanc entourent ces bassins. Dans certains d'entre eux, on croirait voir des récifs de corail, mais ce ne sont que des concrétions de sel !!

 

Nous quittons ce lieu féérique car nous avons une longue route, nous faisons le chemin d'hier en sens inverse. Nous passons donc de nouveau à Siete Curvas et ses magnifiques paysages lunaires (ou martiens). Nous déjeunons à Pocitos. En repartant, nous pouvons observer quelques nandous de Darwins, de grands oiseaux coureurs ressemblant aux autruches.

 

Après avoir franchi le col de l'Alto Chorrillo, nous nous retrouvons à San Antonio de los Cobres dans l'hospedaje Sumaq Samay où nous passons la nuit.

 

 

Le 10 juin

Nous quittons San Antonio mais allons de nouveau rester dans la Puna presque toute la journée. Notre première visite est pour les Salinas Grandes. Il s'agit d'un des nombreux salars (déserts de sel) de l'Altiplano Andin. Celui-ci est remarquable de par sa blancheur immaculée. Il couvre environ 12.000 hectares à une altitude de 3350 m. Nous faisons un premier arrêt lointain pour apprécier cette étendue et voir l'exploitation industrielle du sel extrait au bulldozer.

 

Nous poursuivons la piste pour rejoindre une route groudronnée qui traverse le salar. Un arrêt touristique y est aménagé, on peut y voir des ouvriers qui travaillent encore de façon artisanale. Ils creusent des bassins qui se remplissent d'eau, puis viennent récolter le sel qui cristallise en surface. Le sol est constellé de formes géométriques crées lors de la cristallisation du sel lors de l'évaporation des eaux de pluie.

 

Nous quittons ce lieu étonnant et commençons à monter. La route traverse des montagnes couvertes de cactus géants, au milieu desquels nous apercevons lamas et vigognes. Nous arrivons pour le déjeuner au village de Susques, l'un des plus hauts d'Argentine, situé à près de 3900 m d'altitude. Le principal centre d'intérêt est la petite église batie en adobe (mélange de terre et de paille) avec sa charpente et sa porte en bois de cactus, elle daterait du 16ème siècle. Comme souvent, elle est fermée et il faut attendre la Dame qui possède la clé nous permettant d'entrer. Les murs intérieurs sont couverts de fresques naïves, tout comme le joli choeur.

 

Nous déjeunons dans un bel hôtel situé à l'entrée du village, puis poursuivons notre route vers le Chili. Nous allons passer la frontière située la plus au nord entre les deux pays, elle se situe au Paso de Jama. Nous y faisons les formalités de sortie d'Argentine et profitons du paysage grandiose de ce col situé à 4280 m. Nous sommes au Chili mais ne passerons à la douane que dans 160 km.

 

Nous roulons sur une très bonne route et au milieu d'un paysage toujours aussi merveilleux. Sur ce versant de la Cordillère des Andes, nous sommes sur la ceinture de feu du Pacifique, c'est à dire en terre volcanique. Nous découvrons les premiers signes d'activité lors d'une pause au bord du lac Aguas Calientes où jaillissent, comme son nom l'indique, des sources d'eau chaude. L'eau provenant de la croute terrestre est chargée en minéraux et le bord des ces sources est magnifiquement coloré. Nous entrons désormais dans le fameux désert d'Atacama, souvent qualifié de plus sec au Monde. Le paysage est en effet presqu'entièrement minéral, nous nous arrêtons pour observer les sentinelles de l'Atacama, sortes d'immenses menhirs volcaniques, dressés dans l'Altiplano. Plus loin se dresse la silhouette quasi parfaite du volcan Licancabur.

 

Nous entamons la dernière portion de note trajet par une longue descente qui nous mène à San Pedro de Atacama. C'est ici que nous passons la douane Chilienne avec fouille des sacs pour vérifier que nous n'introduisons pas de nourriture fraîche dans le pays. Il fait nuit lorsque nous nous installons pour 3 nuits à l'hôtel Tikha Tikha. San Pedro est une ville très touristique. Il suffit de se promener dans la rue principale bordée d'agences de voyage, restaurants et hôtels pour s'en convaincre.

 

 

Le 11 juin

Nous prenons la direction du salar d'Atacama tout proche en direction du village de Toconao situé dans un petit oasis sur le bord de cette étendue de sel. Nous visitons la jolie petite place et l'église San Lucas dont la particularité est d'avoir son clocher non attaché au bâtiment.

 

 

Nous reprenons la piste et traversons une petite partie du salar avec en toile de fond la chaine des volcans, dont nous voyons l'un d'entre eux fumer. Celle-ci s'étend sur toute la longueur du pays et compte plus de 2000 volcans, dont 500 sont actifs.

 

Nous faisons notre deuxième visite du jour à la laguna Chaxa. Nous sommes dans la réserve nationale Los Flamencos. Le site est composé de plusieurs petits lac salés, leur niveau est très bas en cette saison mais nous pouvons y observer quelques oiseaux, avocettes, gravelots et bien entendu flamants. Il en existe 3 espèces dans les Andes, le flamant du Chili, le flamant des Andes et le flamant de James, ces 2 dernières espèces étant endémiques à l'Altiplano. Quelques-uns nous gratifient d'un passage en vol sur fond de volcan, magnifique...

 

Nous rentrons déjeuner à San Pedro, puis partons pour la vallée de la Lune. Cette zone est composée de collines, dunes, canyons et il nous semble parfois nous trouver sur une autre planète, tellement le paysage est surprenant. Nous faisons une balade dans un canyon creusé dans la cordillère de sel, les montagnes qui nous entourent sont composées d'un mélange d'argile et de sel. L'érosion les a découpées au fil du temps, de fines arêtes parsèment les parois. La lune est presque pleine et est déjà levée, augmentant la magie du lieu.

 

Plus loin, c'est le cône parfait du Licancabur qui se découpe au dessus des montagnes. Nous nous arrêtons aussi pour voir les "Tres Marias" (les 3 Marie) qui sont des pierres dressées érodées par le temps, vestiges de l'activité volcanique.

 

Mais, la grande activité sur ce site est d'assister au coucher du soleil du haut d'une dune. Ce que nous faisons et passons un moment merveilleux face à la chaîne des volcans qui rougeoit sous les derniers rayons du coleil. Nous y rencontrons une sympathique famille de Français voyageant en camping-car pour 18 mois sur le continent Américain. Vous pouvez suivre leur périple sur http://www.caracolhome.fr. La nuit tombée, le temps se raffraichit très vite et il est temps de rentrer à l'hôtel.

 

 

Le 12 juin

Nous démarrons la journée de très bon matin, il est 4h30 lorsque nous prenons le minibus. Il fait froid, de plus en plus à mesure que nous montons en altitude, la buée givre sur les vitres à l'intérieur du véhicule. Mais le jeu en vaut la chandelle car nous nous rendons à El Tatio. Situé à 4280 m d'altitude, il s'agit du plus grand site de geysers de l'hémisphère sud, et le troisième au Monde. Il est préférable de s'y rendre au lever du jour, car c'est à ce moment que l'activité est la plus forte. Nous arrivons sur un plateau d'où s'échappent de nombreuses fumerolles générées par l'eau bouillante qui sort des entrailles de la terre. On y compte près de 80 geysers.

 

Le jour se lève et nous laisse admirer les couleurs des différents bassins d'où jaillit l'eau, les formes de certaines concrétions, les mares de boues bouillonnantes. Un bon café chaud servi par nos guides permet de nous réchauffer. Même s'il est difficile d'accès en raison de l'état de la piste, le site est très touristiques et plusieurs dizaines de personnes sont présentes, et nous sommes en saison creuse ! Un bassin alimenté par les sources chaudes a été aménagé et l'on peut s'y baigner, mais il fait trop froid pour moi !!

 

Nous quittons ce lieu extraordinaire et poursuivons la piste qui traverse l'Altiplano. Nous croisons quelques vigognes peu craintives, puis faisons un arrêt pour bénéficier d'un panorama exceptionnel sur ces hauts plateaux avec les volcans en toile de fond.

 

Nous entamons la descente vers le salar d'Atacama et faisons une pause dans le village de Caspana, petit oasis situé dans une vallée arrosée par une jolie rivière. Des cultures en terrasses sont aménagées sur les pentes.

 

Nous poursuivons la descente jusqu'au village de Chiu Chiu où nous visitons l'église San Francisco qui date du 17ème siècle. Elle est construite en adobe avec une charpente en bois de cactus. Nous déjeunons dans un petit restaurant tout proche.

 

 

Nous repartons vers San Pedro en passant dans la capitale régionale, Calama, grande ville qui vit de l'exploitation de la mine de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Nous la dévinons au loin sur les contrefort de la Cordillère des Andes. Avant de rejoindre notre hôtel, nous faisons un dernier arrêt pour profiter d'un panorama sur la vallée de la Lune.

 

 

Le 13 juin

Nous quittons déjà le nord Chili pour entrer dans le troisième et dernier pays du voyage, la Bolivie. Les formalités de sortie sont effectuées à l'aube à San Pedro, nous reprenons la route du Paso de Jama, puis bifurquons vers la frontière. Une petite cabane au milieu de nulle part fait office de douane Bolivienne. Outre les quelques touristes et un douanier solitaire, les seules traces de vie ici sont un renard de Magellan et quelques mouettes des Andes. Après un coup de tampon sur le passeport, nous partons pour une des plus belles journées du cicuit dans cette région du sud Lipez.

 

Nous nous arrêtons quelques centaines de mètres plus loin au bord des lagunas Blanca et Verde, des lacs qui communiquent. Ils sont situés au pied des volcans Licancabur et Juriques qui les dominent de leurs 5916 m et 5704 m d'altitude. Nous sommes nous à plus de 4300 m et l'eau des lacs est en partie gelée. Nous prenons un peu de hauteur pour admirer le panorama de la lagnua verde avec le Licancabur en toile de fond. Nous attendons la fin de la matinée pour voir la couleur verte du lac, mais celui-ci ne verdit pas vraiment !!

 

Nous reprenons la route à travers les hauts plateaux. Ce paysage minéral est de toute beauté sous un ciel d'un bleu profond. Nous arrivons sur un site appelé le désert de Dali à cause de sa ressemblance avec une des toiles du Maître. Des pierres érodées par le vent sont posées ça et là au milieu du désert, avec les volcans en fond.

 

Nous arrivons au prochain lac, la laguna Salada qui est, comme son nom espagnol l'indique, salé. Il est alimenté par des sources chaudes et on peut se baigner dans une petite piscine. Cette fois, je n'y résiste pas, le fond de l'air est frais, mais le soleil tape, le bain est très agréable. Nous faisons connaissance avec Maria, notre cuisinière qui nous accompagnera 3 jours. Elle nous a préparé le déjeuner que nous prenons dans un refuge au bord du lac.

 

Nous poursuivons au milieu de paysages toujours aussi grandioses et arrivons à Sol de Manana. Ce champs géothermal couvre environ 10 km2 et est le siège d'une intense activité volcanique. Celle-ci se matérialise par des mares de boues bouillonnantes aux couleurs très variées. Des fumerolles de vapeur sous pression jaillissent des entrailles de la terre. Encore un site fantastique, nous sommes à 4800 m d'altitude !!

 

Mais, nous ne sommes pas au bout de nos suprises. Nous allons vers la dernière étape du jour, la laguna Colorada. Contrairement à la laguna Verde de de matin, ce lac tient toutes ses promesses. Il est réellement très coloré, d'un rouge-orange vif, si extraordinaire qu'il ne semble pas naturel. Comme nous sommes en saison sèche, le niveau est bas et les micro-organismes qui lui donnent cette couleurs sont particulièrement concentrés. Ce lac qui couvre 60 km2 est très salé comme le montrent les icebergs de sel que nous apercevons au loin.

 

Néanmoins, la vie est présente dans ce milieu si inhospitalier. Des dizaines de flamants de James peuplent le lac. Nous faisons une balade à pied sur la rive et observons ces oiseaux. Plus loin, ce sont des lamas et des vigognes que nous trouvons au bord de l'eau. La nuit tombe et nous rejoignons notre logement, l'hostal San Marcelo, en réalité un refuge où nous dormons en dortoir. Nous sommes à plus de 4200 m d'altitude et il ne fait pas chaud !!

 

 

Le 14 juin

Au petit matin, nous faisons une dernière balade au bord de la laguna Colorada sur laquelle flotte une légère brume à l'embouchure d'une petite rivière d'eau chaude. Les flamants de James sont présents ici également, accompagnés par un couple d'ouettes de Andes.

 

Nous reprenons la piste pour aller visiter une nouvelle curisité de cet Altiplano Bolivien, l'Arbol de Piedra (l'arbre de pierre). Il s'agit en fait d'un groupe de pierres érodées par le vent, dont l'une d'elle a pris la forme d'un arbre ou d'un gros champignon. Le paysage désertique qui nous entoure est toujours ausi grandiose.

 

Nous poursuivons vers une série de lacs, appelés la route des joyaux ou lagunas de Charcota. Plusieurs volcans les entourent, l'un d'entre-eux étant bien actif, comme le témoigne la vapeur blanche qui s'en échappe. Un renard de Magellan peu craintif, attend que les touristes lui lancent de la nourriture.

 

Nous descendons légèrement en altitude pour atteindre la salar de Chiguana à 3660 m. Ce désert de sel est traversé par une voie ferrée qui relie Uyuni, où nous irons demain, au littoral Chilien. Nous faisons un détour pour aller visiter la nécropole de San Juan de Rosario. Ici ont été retrouvées une cinquantaine de tombes construites dans des roches sédimentaires calcaires. A l'intérieur de chaque tombeau, on trouve des céramiques, des textiles et bien entendu des restes humains, notamment des momies encore bien conservées.

 

Nous reprenons la route et traversons les champs de quinoa, céréale typique de l'Altiplano Andin. En fin d'après-midi, nous atteignons les bords du salar d'Uyuni et rejoignons notre hôtel, la Posada Coral dans le petit village de Puerto Chuvica. Un hôtel très particulier, puisqu'entièrement construit en sel. Les murs sont fabriqués en briques de sel extrait du salar voisin, ainsi que le mobiler, tables, tabourets et lits. Le sol est lui aussi composé de gros sel.

 

 

Le 15 juin

le soleil se lève sur le salar d'Uyuni, plus vaste désert de sel du Monde avec ses 12.500 km2 (environ 150 km sur 100), il est situé à 3658 m d'altitude. Il est issu de l'assèchement d'un immense lac salé il y a 40.000 ans. Le sel se compose de lithium, de bore, de potassium, de magnésium, de carbonates (borax) et de sulfate de sodium. La quantité de lithium (composant essentiel des batteries électriques) représente un tiers des réserves mondiales et son exploitation industrielle ruinerait la beauté du site que nous allons traverser. Des entreprises américaines sont très intéressées, mais le gouvernement Bolivien s'y oppose pour le moment.

 

Nous partons donc avec nos deux 4x4 pour la traversée. Notre surprise est grande lorsque nous nous apercevons que le salar est recouvert d'eau. Cela arrive normalement pendant l'été austral, mais pas en juin. Nous prenons une piste surélevée qui nous évite de rouler dans l'eau, mais celle-ci se termine rapidement.

 

La hauteur d'eau ne dépassant pas 10 à 15 cm, nos chauffeurs s'engagent sur le salar inondé. Cette surface réfléchissante nous donne des photos surréalistes de montagnes semblant flotter sur l'eau.

 

Plus nous avançons, plus la hauteur d'eau est faible et nous finissons par arriver au sec, la preuve que le salar n'est pas tout à fait plat ! Nous avons même la chance de pouvoir conduire quelques kilomètres, chacun notre tour, dans ce désert blanc. Nous faisons quelques arrêts photos pour admirer les formations géométriques créées par la cristallisation du sel qui a séché. Au loin apparait une île...

 

Incahuasi, c'est son nom, n'est pas réellement un île puisque nous ne sommes pas (ou plus) sur l'eau, mais une oasis au milieu de ce monde minéral. Il s'agit d'une ancienne colline de roches sédimentaires couverte de centaines de cactus géants (certains ont plusieurs centaines d'années)... Nous montons jusqu'au sommet pour bénéficier du panorama sur cette mer de sel. Une des curiosités de l'île est l'arco de corales, une arche calcaire naturelle à travers laquelle nous pouvons photographier le salar. Quelques animaux peuplent Incahuasi, des oiseaux, quelques lamas et un viscache, ce petit rongeur des Andes, sont observés.

 

Nous reprenons les véhicules pour aller visiter l'hôtel de sel, tout du moins le premier d'entre-eux, qui avait été construit sur le salar. Il n'est maintenant plus utilisé comme hôtel, mais tous les touristes s'y arrêtent, ce que nous faisons aussi pour déjeuner. Il est désormais interdit de batir sur le salar même, tous les hôtels de sel actuels se trouvent sur la périphérie.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers Colchani, le village des exploitants du sel. Celui-ci est encore exploité de façon artisananle, à la pioche et à la pelle. Les "mineurs" travaillent pour une coopérative située dans le village.

 

Après un arrêt à Colchani pour ses boutiques d'artisanat, nous quittons le salar pour rejoindre la ville d'Uyuni située à quelques kilomètres. Elle ne présente que peu d'intérêt, nous nous baladons dans le centre et au marché. Nous passons la nuit à l'hôtel La Magia de Uyuni.

 

 

Le 16 juin

Nous partons à quelques kilomètres d'Uyuni pour visiter le cimetière de trains. Ici sont abandonnées des dizaines de locomotives à vapeur, datant de la période où la ville était un noeud de communication important entre la Bolivie et le Chili. Mais, les tensions poilitiques entre les deux pays concernant l'accès à l'océan de la Bolivie y ont mis fin. Les vieux trains finissent désormais leurs jours en rouillant sur de vieilles voies désafectées.

 

Nous prenons ensuite la direction du nord-est et de la ville de Potosi. La route est encore en travaux, mais sera bientôt entièrement goudronnée. Nous faisons un arrêt en route dans le petit village de Ticatica. Nous déambulons dans le rue principale déserte, les maisons sont toutes construites en adobe. Nous déjeunons dans le seul restaurant lorsqu'arrive un personnage étonnant au volant de sa voiture à pédales. Il l'a visiblement construite lui-même et dotée d'un système audio très performant avec lecteur MP3 et sono dernier cri !!! Nous sommes même invités à essayer l'engin. Un rencontre inattendue dans ce village hors des sentiers battus.

 

Nous repartons et traversons de nouveaux paysages un peu plus verdoyants, notamment une vallée marécageuse bordée de dunes de sable, où paissent des centaines de lamas. Puis, nous roulons dans un magnifique canyon.

 

 

Nous parvenons à Potosi en fin de journée, ville riche en histoire que ous visiterons demain. Notre hôtel est situé en centre ville et nous pouvons aller faire un tour sur la place principale où de trouve la cathédrale. Puis, nous visitons le marché avant de retourner à l'hostal Colonial où nous passons la nuit.

 

 

Le 17 juin

La ville de Potosi a été fondée en 1545 pour exploiter les immenses réserves de la mine du Cerro Rico (la montagne riche en espagnol). Les colons espagnols ont commencé à en extraire l'argent dès le 16ème siècle. La ville devient rapidement la ville la plus peuplée d'Amérique derrière Mexico, avec au moins 200 000 habitants. De nos jours, les réserves d'argent sont épuisées, mais la mine est toujours en activité, on y extrait plomb et étain.

 

Il est possible de visiter des galeries de mine en activité, ce que nous partons faire ce matin. Tout d'abord, nous faisons une halte dans l'une des nombreuses boutiques qui bordent la route d'accès. Ici, on trouve tout ce qui est nécessaire aux mineurs, outils, feuilles de coca, boissons (dont beaucoup d'alcools très forts) et même de la dynamite (c'est le seul endroit dans le pays où elle est en vente libre). Nous y achetons quelques cadeaux pour les mineurs.

 

Nous nous mettons en tenue (vêtements de protection, bottes et casque) et arrivons à l'entrée d'une des galeries. Ici, les superstitions sont encore très vivaces comme en témoigne les traces de sang de lama qui couvrent l'entrée de la galerie. A l'intérieur, nous allons voir, dans un petit cul-de-sac, El Tio, la représentation du diable. Cette statue est vénérée par les mineurs qui lui font des offrandes chaque semaine (cigarettes, alcool, feuilles de coca...). Il espèrent ainsi s'assurer sécurité et bonne production dans la mine.

 

Nous avançons dans le boyau et devons régulièrement laisser passer les mineurs qui poussent les wagonnets remplis de minerai. Le travail est encore effectué de manière artisanale. Les ouvriers creusent des trous à la barre à mine pour y insérer les batons de dynamite. Le minerai est alors chargé à la pelle dans les wagonnets. C'est un travail très dur, difficulté accentuée par l'altitude (nos sommes à plus de 4200 m). Les mineurs ne se nourrissent pas durant leur journée de travail et ne font que mâcher les feuilles de coca qui leur servent de coupe-faim et permettent de lutter contre le mal de l'altitude. Dans la galerie principale, l'air est repirable, mais lorsque l'on avance dans les galeries latérales qui suivent les filons de minerai, l'atmosphère devient beaucoup plus lourde, chaude et humide.

 

Nous passons plus d'une heure dans les galeries et l'expérience vaut réellement le détour. On se rend vraiment compte des conditions de travail terribles que subissent les mineurs. Nous rentrons ensuite au centre ville pour déjeuner et découvrir l'autre facette de Potosi, son architecture coloniale. Les rues pavées, les maisons aux couleurs vives, les balcons en bois, les nombreux bâtiment religieux, tout ici montre le riche passé de la ville.

 

 

Nous allons visiter l'église et le couvent San Francisco. Nous traversons le cloitre, l'église proprement dite et pouvons même accéder aux toits qui nous offre une vue panoramique sur la ville et le Cerro Rico. Nous visitons aussi la Casa de la moneda (la maison de la monnaie), c'est ici que l'on frappait toutes les pièces de monnaie en argent destinées à l'Europe. C'est maintenant un très grand musée qui présente la fabrication des pièces, mais comporte aussi des sections traitant notamment de peintutre, d'archéologie ou de géologie. Il est nécessaire d'être accompagné par un guide, il faut payer un supplément pour pouvoir prendre des photos. Après 1h30 de visite, nous terminons la journée par une balade au marché et passons notre deuxième nuit à l'hostal Colonial.

 

 

Le 18 juin

Nous quittons Potosi et faisons une dernière halte pour un panorama sur la ville et le Cerro Rico. Nous remontons vers le nord-est et la ville de Sucre. La route est groudronnée sur tout le trajet, mais assez sinueuse. Le repas de la veille n'est pas passé et j'ai la nausée durant toute la route, donc plus beaucoup de souvenirs...

 

En arrivant à Sucre, nous croisons une curieuse procession. En tête musiciens et danseurs, puis un défilé d'une vingtaine de voitures décorées dans un style on ne peut plus kitch, avec peluches, batterie de cuisine et autres ustensiles improbables !! Nous n'aurons pas l'explication...

 

Sucre se prononce "soucré" et n'a rien à voir avec le sucre. Cette ville a été baptisée ainsi en 1839 en l'honneur du maréchal Antonio José de Sucre, camarade d'armes du libérateur Simón Bolivar pour l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Equateur, du Pérou et du Venezuela. Elle est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, et abrite le siège de la Cour suprême, La Paz étant la capitale administrative, donc la vraie capitale du pays. Elle fut fondée en 1538 et jouit d'un beau passé colonial, elle a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1991. Nous débutons la visite au sommet de la Recoleta, une colline qui domine cette agglomération de plus de 250.000 habitants. Nous profitons du panorama et visitons l'église voisine reconstruite au 19ème siècle.

 

Nous redescendons vers la place principale, la plaza de Armas qui comporte un monument en l'honneur de Antonio José de Sucre. La cathédrale borde l'un des côtés de la place, mais est fermée, nous ne pourrons pas voir l'intérieur.

 

Nous poursuivons vers le Parque Bolivar où l'on trouve une tour Eiffel miniature, ainsi qu'un arc de triomphe, situé à côté du palais de justice. Nous terminons la journée par une balade au marché central avant de retourner sur la plaza de Armas où la nuit est tombée. Les bâtiments qui l'entourent sont magnifiquement éclairés. Nous passons la nuit à l'hotel España.

 

 

Le 19 juin

La journée est consacrée à la visite de la petite ville de Tarabuco. Elle se situe à une heure de route de Sucre. Sa population d'environ 20.000 habitants est essentiellement composée d'Indiens des ethnies Quechua, Aymara et Guarani. Le monument qui orne la place principale est le reflet de la lutte des peuples indigènes contre les conquistadors. Il représente un Indien brandissant le coeur d'un soldat Espagnol qu'il vient de lui arracher...

 

Nous sommes dimanche et la principale attraction du jour est le marché coloré qui se tient dans les ruelles de la ville. On y trouve de tout, nourriture, quincaillerie, vêtements, artisanat, CD et DVD piratés... C'est l'occasion d'admirer les costumes des nombreux visiteurs et acheteurs qui viennent de toute la région.

 

Les chapeaux sont particulièrement remarquables. Outre le traditionnel chapeau melon, on en trouve des beaucoup plus ouvragés et colorés. L'un d'entre eux, portés principalement par les hommes, est la copie en cuir du casque des conquistadors.

 

Nous déjeunons en ville et après une dernière balade autour de la place principale, il est temps de prendre la route pour rejoindre Potosi où nous arrivons en fin de journée. Nous retrouvons l'hostal Colonial pour une nouvelle nuit.

 

 

Le 20 juin

Nous quittons très tôt Potosi car les transporteurs routiers en grève menacent de bloquer les accès à la ville. Nous roulons vers le sud et suivons longuement une vallée en basculant régulièrement entre la route goudronnée toute neuve et la piste aux endroits ou la nouvelle voie n'est pas terminée. D'ailleurs, plus loin, nous devons nous arrêter car les travaux en cours sur une partie en corniche, bloquent le passage pour 1 heure. Heurerusement que nous sommes partis très tôt, sinon, nous n'aurions pu passer qu'à 18h00 à cet endroit. En attendant, nous organisons un apéritif improvisé sur le bord de la piste.

 

Nous arrivons ensuite rapidement à notre destination du jour, Tupiza. Cette ville, située à 2800 m d'altitude dans la vallée de la rivière Tupiza est entourée des montagnes rouges de la cordillère des Chichas.

 

 

Après le déjeuner, nous partons visiter une magnifique zone montagneuse juste à côté de la ville. La roche est ici extrêment érodée et découpée en pointes acérées. Nous nous baladons autour de la porte du diable, une immense paroi rocheuse verticale trouée en son milieu. Plus loin, ce sont des cheminées de fées qui résultent du travail de l'érosion.

 

Nous poursuivons jusqu'à l'entrée du canyon de l'Inca avant de reprendre les 4x4 pour rentrer en ville. La visite du centre est assez rapide, peu de vestiges coloniaux dans cette ville pourtant fondée au 16ème siècle. Nous nous promenons sur la place principale où se trouve l'église (qui est fermée !!), puis au petit marché. Nous passons la nuit à l'hotel Mitru.

 

 

Le 21 juin

C'est aujourd'hui que nous quittons la Bolivie pour rejoindre l'Argentine. Pour cela, nous prenons la direction du sud et de la ville frontière de Villazon. Cette cité n'est qu'un immense marché où les Argentin viennent faire leurs emplettes de produits divers et variés, beaucoup moins chers en Bolivie. Après les formalités douanières et un changement de véhicule, nous prenons la route et nous retrouvons sur le tout début de la Ruta 40 que nous avions empruntée deux semaines plus tôt.

 

Nous sommes sur l'altiplano, la végétation est maigre et sèche. Nous faisons une pause à Abra Pampa, village perdu sur ces hauts plateaux, pour le déjeuner. Puis la route commence à descendre et la végétation devient plus verte, nous entrons dans la vallée de Humahuaca. La Quebrada de Humahuaca a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2003. Ceci tant pour ses splendides paysages, que pour les nombreux villages et cités qui conservent beaucoup de vestiges précolombiens et coloniaux. L'entrée de la vallée est marquée par une formation rocheuse dénommée l'épine du Diable. Des deux côtés, les montagnes sont magnifiques, de par leurs couleurs et les étranges formations rocheuses issues du plissement des Andes.

 

Nous faisons un arrêt dans la petite ville de Humahuaca, capitale de la région. On peut y admirer, entre autres, le monument de l'Indépendance, qui représente, chose très rare, un Indien.

 

Nous poursuivons jusqu'au village de Huacalera et nous installons pour la nuit au Solar del Tropico. Cette maison d'hôtes est tenue par un couple franco-argentin. Comme son nom l'indique, elle se trouve exactement sur le tropique du Capricorne. Les 4 chambres sont magnifiquement décorées et nous dégustons les produits cultivés dans les champs de la propriété. Un superbe coucher de soleil vient clore cette journée.

 

 

Le 22 juin

Il a fait froid durant la nuit et un de nos 4x4 a du mal à démarrer. Ce contretemps nous permet de profiter encore quelques temps du magnifique cadre où nous avons logé. Le véhicule finit par vouloir se mettre en route et nous continuons notre descente de la vallée de Humahuaca. La première pause est pour le monument qui marque le passage du tropique du Capricorne, rien d'exceptionnel...

 

Notre prochaine visite se situe près du village de Tilcara où se trouve la Pucara. Il s'agit de la reconstitution d'une forteresse construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras. Elle se situe sur un abrupt, à 80 mètres au-dessus de la rivière Río Grande de Jujuy, en un point stratégique du canyon de la Quebrada de Humahuaca. Elle a été reconstruite au départ de ruines, on peut y voir des quartiers d'habitation, une nécropole et un lieu destiné aux cérémonies religieuses. Le panorama sur la vallée, depuis ce point haut, est superbe. Nous redescendons au village pour une petite balade sur la place principale avant le déjeuner.

 

Nous poursuivons pour aller admirer une spectaculaire formation géologique, la palette du peintre. Les roches colorées évoquent une immense trace de peinture laissée sur la colline. Plus loin, nous nous arrêtons visiter le Posta de Hornillos. Ce musée a été installé dans les murs d'un ancien relais, où il était possible de se reposer et d’échanger des chevaux. En 1813, à son retour de la campagne du Haut-Pérou le General Belgrano s'est reposé ici. Le musée retrace les témoignages du passé colonial de la région.

 

Nous reprenons la route pour atteindre notre étape du jour, le village de Purmamarca. Ce dernier est situé au pied de la célèbre montagne des sept couleurs, que nous verrons mieux demain matin, éclairée par le soleil levant. En attendant, nous partons marcher derrière le village au milieu d'un paysage extraordinaire, composé de montagnes et collines aux mille couleurs, fantastique !!! Nous passons la nuit à l'Hostal Pequeño Inti.

 

 

Le 23 juin

Comme prévu, nous allons profiter du lever de soleil sur la montagne des sept couleurs. Nous grimpons sur une colline qui lui fait face pour bénéficier du panorama et éviter les dizaines de touristes arrivés en car. Il est maintenant l'heure de faire le dernier tronçon de route de notre voyage, pour rentrer à Salta.

 

Nous quittons la Quebrada de Humahuaca pour atteindre San Salvador de Jujuy, la capitale de la province, puis notre guide nous propose de passer par la Cornisa au lieu de l'autoroute pour rejoindre Salta. Après un contrôle de police un peu tatillon, nous empruntons cette très jolie route qui traverse une zone montagneuse recouverte de forêt primaire magnifique. La route est étroite et les virages sont très nombreux, mais elle vaut le détour. La forêt est très dense, lianes et plantes épiphytes couvrent les arbres, une énorme différence pour nous qui étions habitués aux paysages minéraux de l'Altiplano.

 

Nous atteignons Salta pour le déjeuner, puis entamons la visite de cette grande ville de plus de 500.000 habitants, capitale de la province du même nom. Elle fut fondée à la fin du 16ème siècle et de nombreux bâtiments coloniaux sont visibles dans le centre-ville. Nous débutons sur la place du 9 juillet, bordée par la cathédrale sur un côté, le Cabildo en face. Le Cabildo est l'édifice colonial le plus ancien de la cité et le mieux conservé d'Argentine. Il était le siège du gouverneur espagnol, on y trouve maintenant deux musées.

 

Quelques patées de maisons plus loin se trouve l'Iglesia de San Francisco (église de Saint François), un des plus beaux édifices religieux de style néoclassique du 19ème siècle en Argentine avec sa façade et ses murs rouges. Nous poursuivons jusqu'au couvent San Bernardo, situé au pied de la colline du même nom qui domine la ville.

 

Nous attendons la fin de l'après-midi pour pouvoir visiter l'intérieur des édifices religieux. A noter la présence dans l'église Saint-François d'une rare statue de la Vierge enceinte, au pied de laquelle futures et jeunes Mamans viennent déposer layette, couches ou même échographies !!

 

 

Nous terminons la journée par un diner où nous apprécions l'excellente viande bovine Argentine, avant une dernière balade en ville pour profiter des illuminations. Nous passons la nuit dans le très bel hôtel Del Virrey.

 

 

Du 24 au 26 juin

Le retour en France fut assez difficile. Tout d'abord 4 heures de retard pour le vol de Salta à Buenos-Aires à cause du brouillard. Puis, arrivés à Buenos-Aires, notre vol prévu en soirée est reporté au lendemain en début d'après-midi à cause des cendres du volcan Chilien Puyehue. L'agence réussit à nous trouver une chambre d'hôtel pour cette nuit supplémentaire et nous pouvons enfin décoller le lendemain vers 15h00 pour Madrid.